Jacques Buot

mathématicien, astronome et physicien français, ingénieur ordinaire du roi

Jacques Buot, aussi écrit Jacques Buhot, est un mathématicien, astronome et physicien français, ingénieur ordinaire du roi, né à L'Aigle avant 1623, et mort à Paris en janvier 1678[1].

Jacques Buot
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Biographie

Il est né à L'Aigle, en Normandie, où il devait occuper la profession d'armurier d'après ce qu'il écrit dans l'Épître au lecteur de son livre Usage de la roue de proportion publié en 1647 par Melchior Mondière[2]. Ce livre montre que Jacques Buot a été, avec Blaise Pascal et Edmund Gunter, un des premiers inventeurs de machines à calculer.

Les palais du Louvre et des Tuileries sur le plan de Mérian (1615)

Il s'est ensuite installé à Paris à la demande de Pierre Petit, ingénieur responsable des fortifications, et de Jean Ballesdens, secrétaire et ami du chancelier Pierre Séguier. À Paris en 1646, il loge temporairement chez son éditeur de son livre Melchior Mondière. Nommé ingénieur ordinaire du roi, il est logé à partir de 1648 dans la Grande galerie du Louvre. En 1649, il est signalé comme habitant à l'hôtel de Montmor.

Il observe l'éclipse du Soleil du dans l'hôtel de Pierre Petit avec Jacques-Alexandre le Tenneur et Adrien Auzout. Le compte-rendu des observations est fait dans le Journal des Sçavans du . Jacques Buot a exécuté une Carte du Ciel à la demande du roi. La carte montre les constellations avec la comète de 1665. Il a observé la comète avec Adrien Auzout à partir du [3]

Il se marie avec Simone Rousseau le . Il est désigné comme « cosmographe et ingénieur ordinaire du roi ».

Il a établi un cadran solaire dans le jardin de la bibliothèque du roi[4], trois grands cadrans solaires au château de Saint-Germain-en-Laye, aujourd'hui disparus, et a gradué la boule de marbre de Mission peinte par Jean Cotelle qui est au château de Versailles[5].

Il fait partie des premiers membres de l'Académie royale des sciences fondée en 1666 et choisi par Jean-Baptiste Colbert avec Pierre de Carcavi, Christiaan Huygens, Gilles Personne de Roberval, Bernard Frénicle de Bessy, Adrien Auzout et l'abbé Jean Picard.

Avec Huygens, Carcavi, Roberval, Auzout et Frénicle, il observe l'éclipse du Soleil du depuis l'hôtel de Colbert. Le , jour du solstice d'été, il fait tracer le méridien de Paris à l'emplacement de l'observatoire de Paris pour déterminer son orientation et sa latitude[6]. Le , il observe la planète Saturne et calcule l'inclinaison de ses anneaux de 31° 38' 35", corrigeant la valeur calculée par Huygens en 1659. Il fait de nouvelles mesures et calculs avec Huygens, Picard et Jean Richer le . En général, les mathématiciens de l'Académie, Buot et Roberval, observent à la Bibliothèque du roi, les astronomes titulaires, Adrien Auzout (mais il quitte la France en 1668), l'abbé Picard puis Jean Dominique Cassini, observent à l'Observatoire de Paris après son inauguration[7]

Dans un contrat de location d'un corps de logis situé rue Montmartre, daté du , il est désigné « cosmographe, ingénieur ordinaire du Roy maître aux mathématiques des pages de sa chambre et de la Grande écurie, l'un des géomètres & physiciens de son accademye royale des sciences demeurans rue de l'arbre secq paroisse st germain l'auxerrois ».

Il a inventé en 1667 un équerre azimutale approuvée par l'Académie royale des sciences (lire en ligne).

Le , il rend compte à l'Académie des mesures très précises de la hauteur du pôle de Paris [8].

En 1669, l'Académie est agitée par la question de la pesanteur des corps et de l'attraction mutuelle des corps. Roberval, opposé aux idées de Descartes, s'est déterminé en faveur d'une force interne et innée dans les corps qui les force à s'assembler. Frénicle est peu éloigné des idées de Roberval et définit l'attraction comme vertu conservatrice. Ces idées sont critiquées par Buot, Perrault et Huygens. Huygens y a particulièrement insisté en faveur de la théorie des tourbillons[9].

Il réitère une expérience de Huygens sur le froid pendant l'hiver 1670[10].

Jean Dominique Cassini publie dans le Journal des Sçavans du , une observation de Jupiter et de la Grande Tache rouge. Cette tache n'était plus observée depuis le début de 1666, mais elle est de nouveau observée le . L'Académie des sciences a demandé à Jacques Buot et Edme Mariotte d'assister Cassini à l'observatoire de Paris. Ils confirment la période de rotation de 9 h et 56 min[11].

En , il dresse avec François Blondel et Jean Picard un catalogue descriptif des instruments en possession de l'Académie royale des sciences.

Publications

  • Usage de la roue de proportion. Sur laquelle on pratique promptement & facilement toutes les reigles de l'arithmetique & les analogies de la trigonometrie geometrique & astronomique. Oeuvre tres-necessaire aux marchands, banquiers, asseeurs des tailles, ingenieurs, astronomes, &c., chez Melchior Mondière, Paris, 1647.
  • Équerre azimutale, dans Machines approuvée par l'Académie royale de France (avant 1699, no 17), tome 1, p. 67-69 et dessin (lire en ligne).

Notes et références

Annexes

Bibliographie

  • Table générale des matières contenues dans le Journal des savans de l'édition de Paris, depuis l'année 1665 qu'il a commencé, jusqu'en 1750 inclusivement, avec les noms des auteurs, les titres de leurs ouvrages, & l'extrait des jugemens qu'on en a portés, chez Briasson, Paris, 1753, tome 2, BA-CE, p. 499 (lire en ligne)
  • Nicolas de Condorcet, Éloges des académiciens de l'Académie royale des sciences morts depuis 1666, jusqu'en 1699, Paris, 1773, p. 157 (lire en ligne)
  • (en)Françoise Launay, Buot [Buhot], Jacques, dans sous la direction de Virginia Trimble, Thomas R. Williams, Katherine Bracher, Richard Jarrell, Jordan D. Marché, F. Jamil Ragep, Biographical Encyclopedia of Astronomers, Springer, volume 1, A - L, p. 183 (ISBN 978-0-387-31022-0) (lire en ligne)
  • Aurélien Ruellet, Les fabricants d'instruments mathématiques logés dans la Grande galerie du Louvre : quelques notices biographiques, p. 4 (lire en ligne)
  • Philippe Le Bas, Liste de tous les membres de l'Académie des sciences depuis son commencement, en 1666, jusqu'en 1793, selon l'ordre de leur réception, avec l'année de la mort de chacun d'eux, dans L'Univers. Histoire et description de tous les peuples. Dictionnaire encyclopédique de la France, Firmin Didot frères éditeurs, Paris, 1840, tome 1, A-AZ, p. 65 (lire en ligne)
  • C. Wolf, Histoire de l'Observatoire de Paris de sa fondation à 1793, Gauthier-Villars imprimeur-éditeur, Paris, 1902 (lire en ligne)

Liens externes

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